On est parti 1 an en Espagne… et on y reste !

On est parti 1 an en Espagne… et on y reste !

Déjà 1 an que ma famille et moi sommes partis en Espagne et plus précisément dans la ville de Valencia 🙂

J’avais présenté notre projet d’expatriation sur l’article “On part un an en Espagne“, publié l’année dernière. Nous habitions alors à Beauvais, dans l’Oise, à 60 km au Nord de Paris.

Beauvais – Valencia

Nous avions alors décidé de tenter l’expatriation durant 1 an “pour voir”.

On est venu, on a vu, on est convaincu : ON RESTE ! 😀

J’ai reçu de nombreux mails, avec de multiples questions : logement, santé, climat, scolarité, entreprise, fiscalité… Je vous propose donc une petite FAQ qui résume ces questions et les réponses que j’ai donné 🙂

C’est quoi ce drapeau ?

Bon, j’avoue, personne ne m’a posé cette question, mais je vais quand même y répondre 😛

Il s’agit du drapeau officiel de la région de Valencia :

A la différence de la France, l’Espagne est une fédération de communautés (l’équivalent des nos régions) qui disposent de beaucoup d’autonomie par rapport au pouvoir central de Madrid (plus de détails ici si vous voulez).

C’est une différence importante qui a de vraies répercussions dans la vie courante et dans la vie politique (tapez “référendum indépendance Catalogne” dans Google si vous n’êtes pas convaincu ou regardez cette vidéo qui est bien faite).

Attention, ne confondez pas le drapeau de Valencia avec celui de la Catalogne, les deux régions sont très différentes.

Un français dira : “J’habite dans les Hauts de France”, alors qu’un espagnol dira : “Je suis valencien”.

Les valenciens sont très attachés à l’unité espagnole donc pas de référendum pour l’autonomie, ni manifestation, ni conflit politique dans notre ville (et c’est tant mieux).

Conséquence directe, nos enfants “bénéficient” de 6 heures par semaine d’apprentissage du Valencien, (la langue de Valencia). De plus, une partie des cours sont intégralement enseignés dans cette langue. J’avoue qu’on n’était pas spécialement enchantés lorsqu’on l’a découvert… Mais bon, connaître une autre langue ne prend pas de place et ne peut pas nuire.

Aujourd’hui, ça m’amuse de voir qu’il y a un an, j’ai choisi le symbole  du taureau pour illustrer l’article expliquant notre départ. Il faut savoir que notre région ne pratique pas du tout la corrida et que le symbole du taureau n’y est visible nul part. Nous avions alors une vision très touristique de l’Espagne.

Ceci n’est pas visible à Valencia

Le contexte local étant clarifié, revenons aux questions que vous m’avez vraiment posé 😉

Quels sont les plus grands avantages de l’Espagne ?

1) Le soleil

C’est vraiment le point le plus positif de notre déménagement. Il fait beau quasiment tous les jours, en gros on doit avoir 3 jours de pluie par mois. Pour comparaison, à Beauvais nous avions environ 15 jours de pluie par mois !

Les températures minimales cet hiver, durant la vague de froid, étaient d’environ 8°C. Les espagnols étaient frigorifiés, mais pour des français du Nord, c’est tout à fait supportable 😀

2) La santé

Conséquence directe du point précédent, nous ne sommes presque jamais malades. Terminé les rhumes, les angines, les grippes et la toux. Toutes ces joyeusetés sont restées en France, pour notre plus grande satisfaction.

Globalement, les médecins ont plus de disponibilités, il est possible d’avoir un rendez-vous médical rapidement, sans avoir à attendre plusieurs heures dans une salle d’attente bondée de malades (l’Oise fait parti des déserts médicaux). Les spécialistes sont beaucoup moins chers, par exemple une séance d’ostéopathie coûte deux fois moins cher.

De façon général, nous trouvons que les médecins sont moins stressés, parfaitement compétents et très à l’écoute de leurs patients.

3) La tranquillité des habitants

Les phrases les plus répétées par les valenciens sont “no te preocupes” (“ne te préoccupe pas”) et “no pasa nada” (“il ne s’est rien passé de grave”). Un discours dérangeant lorsqu’on a l’habitude de toujours “être au taquet”, mais finalement on s’habitue assez rapidement à cette vision de la vie 🙂

4) La discrétion de l’administration

Ici, l’administration nous laisse en paix ! A tel point, qu’on finit même par s’inquiéter de ne pas recevoir de courrier de la part de l’administration. En France, c’était presque devenu du harcèlement (avec impossibilité de cliquer sur le lien “se désabonner”). Magalie (ma femme) passait environ 2 jours par mois à gérer les courriers et les appels des enquiquineurs officiels.

Grosses pertes de temps et source de stress inépuisable de la part d’entités qui sont sensés être à notre service…

D’ailleurs, on en a eu du mal à en finir définitivement avec eux :  6 mois après la fermeture de l’entreprise, nous avons encore subi plusieurs prélèvements automatiques non justifiés sur notre compte en banque, en toute impunité.

En Espagne, c’est beaucoup plus simple, on paie les impôts tous les 3 mois et c’est terminé jusqu’au paiement. Reposant.

5) Les jardins de la Turia

Nous habitons aux pieds des jardins de la Turia, un parc de 7 km de long avec des parcs de jeux, des pistes cyclables, des terrains de sports, des monuments… C’est tout simplement un lieu absolument extraordinaire pour les sportifs, les familles, les promeneurs…

(Précision : ce n’est pas notre famille, mais on est un peu pareil qu’eux 🙂 )

Nous avons pu apprendre aux enfants à faire du vélo et du roller dans des conditions idylliques. Faire une promenade ou un tour à vélo est un vrai plaisir, dans un lieu magnifique, calme, sécurisé et sans voiture.

Quels sont les plus gros inconvénients ?

1) La chaleur

Du 15 juin ou 15 septembre des températures sont insoutenables… surtout pour des français du Nord. Il fait alors plus de 40° C la journée et 30°C la nuit ! Dans notre appartement, le climatiseur peine à maintenir la température sous les 28 °C ! Même les piscines ou la mer ne parviennent pas à nous rafraichir. Nous sommes alors continuellement en transpiration…

Moi, devant mon PC en juillet

C’est vraiment une période fatigante, physiquement et psychologiquement. On a d’ailleurs fini par adopter naturellement le rythme de vie espagnol : sieste l’après-midi et travail le soir.

2) La langue

Difficile pour moi de communiquer avec les espagnols car je ne parle pas du tout la langue (j’ai fais 5 ans d’allemand, malheureusement je ne parle pas non plus cette langue :mrgreen: ).

Pourtant, j’ai passé plusieurs dizaines d’heures à travailler avec des CD d’apprentissage, avec l’application Duolingo et en regardant des séries en espagnol, mais rien à faire, ça ne veut pas entrer. J’arrive seulement à poser des questions basiques, mais je ne comprends pas ce que les gens me répondent…  De ce fait, je ne peux pas tenir une conversation, même basique.

Heureusement que Magalie parle la langue couramment pour prendre en charge les affaires liées à l’école, à l’administration, au logement et autres…

Depuis une semaine, je prends des cours particuliers assez intensifs : 1h30 avec la professeur + 1 h d’exercices en autonomie. Tous les jours. Je commence enfin à vraiment progresser ! Mon défi personnel est de tenir une conversation banale avec mon ostéopathe dans un mois (j’ai rendez-vous le 29 octobre).

3) L’adaptation des enfants

Tout le monde nous a affirmé que l’apprentissage d’une langue par les enfants est quasi miraculeuse, en seulement quelques mois ils savent parler couramment.

C’est faux.

Nos enfants, qui sont loin d’être idiots, ont eu besoin d’une année pour pouvoir vraiment discuter avec leurs camarades. De ce fait, il a été compliqué pour eux de s’intégrer, la barrière de la langue posant de vrais problèmes (difficulté pour jouer, à se faire des amis, à se faire comprendre par la maitresse en cas de conflit avec un autre élève…). Les trois premiers mois ont été particulièrement difficiles, on a d’ailleurs penser quelquefois à retourner en France.

4) Le froid des appartements

Ça nous a paru incroyable lorsque nous avons fais les visites, mais la majorité des appartements de Valencia n’ont pas de chauffage ! Forcément, il fait froid à l’intérieur pendant l’hiver. Les valenciens gèrent ce problème en portant des pulls en laine, des robes de chambre, des grosses pantoufles. Ils mettent trois couettes la nuit et utilisent des bouillottes. Ils ont aussi le réflexe de fermer les portes pour limiter les courants d’air. Bref, ils font comme nos grands-parents à l’époque où se chauffer était un luxe limité aux jours de grands froids.

Étant donné que cette particularité culturelle est un peu difficile pour nous, nous nous sommes rapidement équipé de quelques radiateurs à bain d’huile pour atteindre difficilement 18°C dans l’appartement (vu que nous sommes les seuls à chauffer dans l’immeuble, les autres appartements captent une grosse partie de la chaleur…).

Néanmoins, il semble que l’hiver ait été particulièrement rude cette année à cause des vagues de froid en provenance de Russie, ça pourrait être plus supportable à l’avenir.

5) La pâtisserie

Difficile de vivre en Espagne lorsqu’on est friand de pâtisseries, vous aimez les bons petits pains au chocolat, les croissants croustillants, les religieuses au café ou les meringues au chocolat ? Alors mieux vaut rester en France !

Petit pain au chocolat espagnol (par Kim) :

Est-il facile de trouver un logement ?

Nous sommes arrivés avec les deux enfants sans avoir de logement, nous avons donc commencé par louer des AirBnB le temps de trouver un appartement, ce qui était très cher. Le quartier que nous avons visé (celui de l’école des enfants) est complètement saturé au niveau du logement. Nous avons donc rapidement fait le tour de toutes les agences immobilières pour pouvoir trouver un appartement qui nous convenait. Il faut avouer que nous avions des critères assez compliqués (plusieurs chambres, proche de la Turia, assez récent…).

Finalement, à force de ténacité (nous allions dans les agences tous les jours), nous avons trouvé un appartement qui correspondait parfaitement à nos besoins au bout d’un mois. Le loyer est de 800 €, pour 126 mètres carrés et vue sur la Turia. En tant qu’entrepreneur français, nous n’avions aucune garantie à apporter, nous avons donc avancé 4 mois de loyer plus une caution d’un moi et demi. Une grosse dépense…

Notez qu’aujourd’hui beaucoup d’appartements AirBnB ont fermé car les politiciens espagnols ont adopté une législation très dure à leur encontre (voir ici).

Est-il compliqué de monter une entreprise en Espagne ?

Les choses ont été relativement simples car nous avons fait appel à un cabinet d’avocats qui a pris en charge la majorité des démarches administratives. En gros, il faut :

  1. Obtenir un NIE  (Numéro d’Identification des Etrangers) auprès du commissariat de la ville.
  2. Faire la déclaration d’ouverture d’entreprise, nous avons choisi le statut équivalent d’entrepreneur individuel en France.
  3. S’inscrire à la sécurité sociale espagnole

Toutes ces démarches ont été largement facilité grâce à Magalie qui parle couramment espagnol. Si ça n’avait pas été le cas nous aurions vraiment galéré, même avec l’aide de l’avocat (qui ne parle pas anglais, comme la majorité des espagnols). Néanmoins, il existe des expatriés français sur place qui proposent des services d’accompagnement pour l’installation et également des cabinets d’avocats qui parlent français.

Les problèmes de factures

Travailler avec les entreprises françaises peut poser un souci car le numéro de TVA intracommunautaire des deux entreprises doit figurer sur toutes les factures, une condition qui n’est pas toujours évidente à remplir. C’est surtout très compliqué avec les auto-entrepreneurs qui doivent faire une  demande auprès des impôts pour obtenir ce numéro… Nous avons donc été obligé d’arrêter de travailler avec ceux qui n’avaient pas envie de faire cette démarche. C’est vraiment dommage 🙁

Payez-vous moins d’impôts ?

Oui.

Mais bon, vous pouvez vous expatrier dans n’importe quel pays dans le monde, vous y payerez probablement moins d’impôt 😉 (à l’exception notable du Danemark).

Est-ce intéressant fiscalement ?

Voilà, la bonne question 😉

Oui, c’est intéressant pour nous car nous payons un peu moins d’impôt qu’en France. Néanmoins cet écart ne suffit pas du tout pour justifier une expatriation en Espagne (du moins si vous êtes dans une situation fiscale similaire à la nôtre).

D’autres questions ?

Voilà, j’ai terminé le tour des questions les plus courantes, si vous en avez d’autres n’hésitez pas à les poser en commentaires 🙂

Question bonus : quelles sont les prestations que vous proposez ?

Je profite de cet article pour faire un peu la promotion de notre entreprise 😉

  • Nous pouvons créer un PBN de sites WordPress : 60€ HT par site
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5 Replies to “On est parti 1 an en Espagne… et on y reste !”

  1. Salut François et magalie : Bravo pour cette adaptation rapide ! comme je disais dans ton tweet :”…sinon..dans la même région il y a Alicante qui est la ville des SEO espagnols par excellence.. ne me demandez pas pourquoi, difficile à expliquer. SeoBox est né sur Alicante par ex.. un concept que peu de français connaissent ! Vous aviez compris que je suis sur Alicante !” Cela fait 20 ans que je vis ici. Mes filles sont allées au Lycée Français d’Alicante et il y en a 1 aussi sur Valencia. Je suis pratiquement d’accord avec tous les points de ton article SAUF que lorsqu’on a 20 ans de résidence ici, on réagit et pense comme un espagnol en grande partie ( même si je suis tous les 3 mois dans le sud de la France et j’ai aussi toute la TNT digitale français) et ce que je n’arrive plus à supporter c’est la corruption à tous les niveaux. Ça peut ne pas gênere certains mais moi ça m’insupporte chaque jour un peu plus car même si on paie juste un poil d’impots en moins IL n’Y AUCUNE REDISTRIBUTION ( en France, APL, Bourses etc…) : Je ne parle pas de vivre assisté mais de voir que mes impôts et je gagne bien ma vie donc ils sont élevés en Espagne servent malheureusement à engraisser toute une faune de hauts fonctionnaires et d’entrepreneurs véruex. D’ailleurs François , sache que la Comunitat Valenciana, est une des plus endettées car pendant 20 ans le PP ( genre LR en France) s’en est mis plein les bottes ! Ils se sont gavés avec de “grands travaux” ( L’aquarium par exemple, le circuit de F1, etc..) et c’est tout cela qui fait que nous avons des écoles avec des classes en containeurs aménagés, et des impôts aussi élevés par exemple.. Mais bon je ne vais pas m’étendre. François , quand tu pigeras mieux l’espagnol, regarde les journaux TV tous les jours et tu comprendras de quoi je parle !!!! ÇA pue ! 🙂

  2. Salut François,
    très intéressant d’avoir ton retour un an après votre départ. Je trouve beaucoup de parallèles avec l’année que nous avons passée en Martinique. Beaucoup de différences aussi mais ce qui a l’air de vous plaire là-bas (je pense au climat, à l’ambiance zen qui y règne) est également ce qui nous avait décidé à partir.
    Le plus dur a certainement été les enfants. C’est probablement difficile de voir ses propres enfants souffrir de la barrière de la langue, mais je pense que ça restera un mauvais souvenir, assez court finalement, et largement compensé voire effacé par tout le reste.

    1. Salut Cédric,
      C’est vrai que la période a été assez délicate pour les enfants, mais en fait ils sont tellement petits qu’il ne s’en souviennent quasiment plus ! A la fin de la première journée d’école (de cette année), ma fille était un peu dégoutée car elle n’aimait pas trop sa nouvelle maitresse. Du coup je lui dis “Ce n’est pas pire que l’année dernière, quand tu ne comprenais rien à ce que les autres disaient…” et elle me réponds : “Tu sais l’année dernière, je me suis fais plein de copines dès le premier jour !”

  3. Bonjour, c’est un partage très intéréssant ! Merci pour ce retour. Parfois un simple changement de région peut paraître difficile, surtout pour des enfants, avec les changements de copains… les moqueries du à l’accent du nord etc…

Lire les articles précédents :
L’art subtil du plagiat

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